Mettre une cup tient en cinq gestes : mains lavées, coupe pliée en C ou en punch-down, insertion dirigée vers le bas du dos plutôt qu’à la verticale, vérification qu’elle s’est bien ouverte, puis port de quatre à six heures. Le reste est une affaire de repères, pas de force.
Avant la première insertion : stériliser et se laver les mains
Une coupe menstruelle neuve sort de son emballage propre, pas stérile. Le passage à l’eau bouillante ouvre donc le mode d’emploi, avant même la question du pliage.
Stériliser la cup avant le premier cycle
Portez une casserole d’eau claire à ébullition, plongez-y la coupe et laissez-la de cinq à dix minutes. Les notices des fabricants oscillent entre deux et dix minutes selon le silicone employé : suivez celle de votre modèle, car un silicone chauffé trop longtemps se ternit et se déforme. Trois précautions valent d’être connues :
- réservez une casserole ou un récipient à cet usage ;
- maintenez la coupe au milieu de l’eau, sans contact prolongé avec le fond brûlant, à l’aide d’un fouet ou d’un petit panier vapeur ;
- laissez-la sécher à l’air libre sur un linge propre, jamais sur un radiateur.
Cette stérilisation se répète en début et en fin de règles, pas à chaque vidange.
Les gestes d’hygiène à chaque manipulation
L’ANSES recommande de se laver les mains avant et après chaque changement de protection intime, coupe comprise. Des ongles courts et limés évitent les micro-griffures pendant l’insertion comme au retrait. Un savon doux sans parfum fait très bien l’affaire, du type de ceux conseillés pour apaiser une peau réactive, rincé abondamment. Les réflexes sont ceux d’une routine de soins pour peau sensible : peu de produits, aucun parfum, rien d’agressif.
Réservez enfin un vrai moment au premier essai : vingt minutes tranquilles, porte fermée, sans rendez-vous derrière. La crispation musculaire complique tout le reste.
Choisir son pliage : C, 7 ou punch-down
Le pliage réduit le diamètre de la coupe le temps du passage. Trois techniques couvrent la quasi-totalité des situations, et chacune donne une pointe d’insertion différente.
- Le pliage en C : aplatissez la coupe entre le pouce et l’index, pliez-la en deux, la lettre C apparaît. Le plus simple à réaliser, mais la surface d’entrée reste large.
- Le pliage en 7 : aplatissez la coupe, puis rabattez un coin supérieur vers la base opposée. Bon compromis entre facilité et finesse, il figure parmi les préférés des utilisatrices régulières.
- Le punch-down : poussez un bord vers l’intérieur, jusqu’au fond de la coupe, pour former une pointe étroite. C’est le profil le plus fin, celui vers lequel se tournent les personnes gênées par les deux autres.
Testez-les à froid, hors période de règles, jusqu’à en trouver un qui tienne entre vos doigts sans se rouvrir. L’eau froide raffermit légèrement le silicone et aide le pli à tenir jusqu’au bout du geste. Un pliage qui s’échappe en cours de route ne signale pas une erreur de technique, seulement un modèle plus souple qu’attendu.

Mettre une cup : position, angle et profondeur
Le geste pour mettre une cup ne ressemble pas à celui du tampon. Le tampon monte haut, presque à la verticale ; la coupe, elle, se loge bas dans le vagin, sous le col de l’utérus, et se dirige vers le bas du dos plutôt que vers le nombril.
Quatre positions fonctionnent, à essayer dans l’ordre qui vous convient :
- accroupie, talons au sol, genoux écartés ;
- un pied posé sur le rebord de la baignoire ou sur la cuvette ;
- assise au bord des toilettes, buste légèrement penché en avant ;
- debout sous la douche, l’eau tiède aidant les muscles à se relâcher.
Écartez les lèvres d’une main, présentez la coupe pliée de l’autre, puis poussez lentement en suivant l’axe naturel du vagin, en diagonale vers le coccyx. Deux ou trois centimètres suffisent souvent : la base doit rester à portée de doigt. Une coupe poussée trop haut, contre le fond du vagin, fuit précisément parce qu’elle a dépassé sa zone de stabilité.
Chaque modèle a ses repères propres. La notice du fabricant, Elys comme les autres, précise la souplesse, le diamètre et la longueur de tige, trois données qui changent complètement le ressenti à l’insertion. La lire en entier avant le premier essai reste le moyen le plus simple de bien utiliser une coupe menstruelle sans multiplier les tâtonnements. Le choix de la taille et de la souplesse mérite sa propre réflexion, en fonction de l’abondance du flux et de la tonicité du périnée.
Vérifier que la coupe est bien ouverte
Une coupe restée pliée fuit dès la première heure. Quatre contrôles, faits dans la foulée de l’insertion, lèvent le doute :
- passez un doigt tout autour de la base : la paroi doit être ronde et lisse, sans pli marqué ;
- faites pivoter la coupe d’un quart de tour en la tenant par la base, jamais par la tige ;
- tirez très légèrement vers le bas : une petite résistance signale que l’effet ventouse s’est formé ;
- pincez la base puis relâchez, le silicone doit reprendre sa forme d’un coup sec.
Si elle reste plissée, un tour de bassin, une contraction du périnée ou un doigt glissé le long de la paroi suffisent généralement à la déployer. Bien placée, la coupe ne se sent plus, ni assise ni en marchant. La tige, elle, ne doit pas dépasser ni frotter : coupez-la progressivement, un anneau à la fois, après un cycle complet d’observation. Une tige raccourcie trop tôt complique le retrait pour rien.
Combien de temps la garder et comment la vider
L’ANSES fixe un cadre clair pour les protections intimes internes : porter chaque protection six heures au maximum, et vider la coupe menstruelle toutes les quatre à six heures. Depuis le 1er avril 2024, l’emballage doit d’ailleurs afficher cette durée maximale de port, la liste complète des composants et la mention du risque de syndrome du choc toxique.
La vidange elle-même prend une minute : lavez-vous les mains, pincez la base pour rompre la succion, sortez la coupe en la maintenant droite, videz son contenu dans la cuvette, rincez, replacez.
Le nettoyage au fil de la journée
Entre deux ports, l’eau claire et un savon doux sans parfum suffisent. Rincez longuement pour éliminer tout résidu de tensioactif. Les produits agressifs sont à écarter : antiseptique, vinaigre pur, alcool ménager, mais aussi les huiles essentielles utilisées pour d’autres soucis de peau, qui n’ont pas leur place sur une muqueuse et attaquent le silicone. Pensez aux trous d’aération situés sous le rebord : remplissez la coupe d’eau, obturez le bord avec la paume et pressez, le jet dégage les orifices bouchés.
Vider sa cup hors de chez soi
Dans des toilettes publiques, préparez le nécessaire avant d’entrer dans la cabine : gel hydroalcoolique pour les mains, petite bouteille d’eau, papier propre. Un essuyage soigneux au papier, suivi d’un lavage complet à la maison, dépanne très bien. La coupe se replace ensuite immédiatement, sans passage par la poche ou le sac.

Retirer sa cup sans douleur
Le retrait effraie souvent plus que l’insertion. La séquence, elle, est simple.
- Lavez-vous les mains, puis installez-vous accroupie ou un pied surélevé.
- Respirez lentement et poussez avec les abdominaux, comme pour aller à la selle : la coupe descend d’elle-même.
- Attrapez la base entre le pouce et l’index, jamais la tige seule.
- Pincez fermement pour rompre la ventouse, vous entendrez parfois un léger bruit d’air.
- Inclinez la coupe pour dégager un bord d’abord, puis sortez-la en la gardant droite.
Les partis pris de conception jouent aussi sur cette étape : Elys revendique un design breveté pensé pour un retrait sans effet ventouse, une caractéristique annoncée par le fabricant que la notice détaille. Quel que soit le modèle, le geste reste le même, pincer la base plutôt que tirer sur la tige.
Une coupe qui semble hors de portée n’est jamais perdue : le vagin est un cul-de-sac, elle finit toujours par redescendre. Accroupissez-vous, patientez quelques minutes, recommencez sans forcer. Une douleur vive, un saignement inhabituel ou une impossibilité qui se prolonge justifient un avis médical plutôt qu’un acharnement.
Porter sa cup la nuit et pendant le sport
La nuit ne pose pas de problème particulier tant que la durée de port reste respectée. Posez la coupe juste avant de vous coucher, videz-la dès le réveil. Pour les nuits qui dépassent six heures, alternez avec une protection externe plutôt que de prolonger le port.
Côté sport, la coupe tient par la ventouse et non par le poids : natation, course, vélo et yoga se pratiquent sans réglage particulier, à condition de vérifier l’ouverture avant la séance. Les vestiaires et les sols humides, en revanche, méritent la même vigilance que d’habitude, ne serait-ce que pour éviter une mycose de l’ongle de pied. Videz de préférence avant et après l’effort, mains lavées, plutôt qu’en pleine séance.
Après les règles : nettoyage de fin de cycle et rangement
En fin de règles, lavez la coupe, stérilisez-la selon la durée indiquée par le fabricant, puis laissez-la sécher complètement à l’air libre. Rangez-la ensuite dans une pochette en tissu, jamais dans une boîte hermétique ni un sachet plastique fermé, qui emprisonnent l’humidité.
Profitez de ce moment pour l’inspecter : coloration marquée, film collant qui résiste au lavage, micro-fissures, odeur persistante ou perte de souplesse annoncent un remplacement. La durée de vie annoncée varie d’un modèle à l’autre, la notice la précise. Stockez la pochette à l’abri de la lumière, de la chaleur et des produits parfumés.

Ce qui coince au début et quand consulter
Les difficultés des premiers cycles se répètent d’une utilisatrice à l’autre, et se règlent presque toutes par un ajustement.
- Une coupe qui fuit dès la première heure : silicone resté plié, position trop haute, ou taille mal adaptée au flux.
- Une coupe qui semble remonter : phénomène normal en cours de journée, elle redescend à la poussée.
- Une gêne au niveau du pubis : tige trop longue ou modèle trop rigide pour votre anatomie.
- Une insertion douloureuse : arrêtez, réessayez plus tard avec un lubrifiant à base d’eau, jamais un corps gras.
- Un premier cycle laborieux : doublez avec une protection externe, le temps de prendre vos repères.
Quand demander un avis médical
Une revue systématique publiée dans The Lancet Public Health en 2019 n’a pas retrouvé de sur-risque infectieux avec la coupe menstruelle comparée aux autres protections. Le syndrome du choc toxique reste néanmoins le risque associé aux protections internes, et l’Assurance Maladie signale plusieurs cas chaque année en France. Retirez la coupe et consultez en urgence devant une fièvre supérieure à 38,9 °C accompagnée de vomissements, de diarrhée, de douleurs musculaires, d’un malaise ou d’une éruption cutanée diffuse.
Trois situations demandent un avis préalable auprès d’un professionnel de santé : le port d’un stérilet, les connaissances restant limitées sur le risque de déplacement du dispositif ; la période qui suit un accouchement ; un antécédent de syndrome du choc toxique déjà diagnostiqué, l’ANSES déconseillant alors les protections intimes internes. Une douleur persistante ou des saignements inhabituels justifient également une consultation.

Composition et fabrication : ce qu’indique Elys
Elys est une marque de coupes menstruelles réutilisables vendue en direct, conçue en Belgique et fabriquée en France. Sa coupe est moulée dans un silicone de qualité médicale sans BPA, latex ni phtalates, proposée en trois tailles et livrée avec sa pochette de transport. La marque annonce aussi un design breveté conçu pour un retrait sans effet ventouse et présente sa coupe comme compatible avec un stérilet ; ces deux points sont des caractéristiques revendiquées par le fabricant, et la pose d’un stérilet reste du ressort du professionnel de santé qui en assure le suivi. Ces éléments, matière, lieu de fabrication, tailles disponibles et partis pris de conception, font partie de ceux qui se comparent d’une marque à l’autre avant l’achat. Depuis avril 2024, l’emballage doit en outre porter la liste complète des composants, la durée maximale de port et la mention du risque de syndrome du choc toxique : trois informations à lire avant même de sortir la coupe de sa pochette.
Votre premier cycle, sans précipitation
Prochaine étape : stérilisez la coupe la veille de vos règles, bloquez vingt minutes tranquilles pour le premier essai et gardez une protection externe en secours les deux premiers jours. Le geste s’automatise en général en un à deux cycles, une fois le pliage et la position repérés. Conservez la notice, elle porte les seules durées de stérilisation et de port valables pour votre modèle.
Questions fréquentes sur l’usage de la cup
Comment savoir si la cup est bien mise ?
Trois vérifications suffisent. Passez un doigt autour de la base : la paroi doit être ronde et lisse, sans pli marqué. Faites pivoter la coupe d’un quart de tour, elle doit tourner sans forcer. Tirez enfin très légèrement vers le bas : une petite résistance signale que la ventouse s’est formée. Bien placée, la coupe ne se sent plus, ni assise ni en marchant. Une gêne franche indique presque toujours une insertion trop haute.
Pourquoi ne pas porter sa cup la nuit ?
Rien n’interdit de la garder pour dormir, à condition de respecter la durée de port indiquée par le fabricant et les autorités sanitaires. La difficulté vient des nuits longues, qui dépassent ce seuil sans que vous vous en rendiez compte. Deux solutions existent : poser la coupe juste avant le coucher et la vider dès le réveil, ou alterner avec une protection externe les nuits où le sommeil se prolonge.
Une première utilisation est-elle possible sans expérience des protections internes ?
Rien ne s’y oppose sur le principe, l’anatomie variant d’une personne à l’autre. Choisissez une taille et une souplesse adaptées, prenez le temps de vous détendre et aidez-vous d’un lubrifiant à base d’eau, jamais d’un corps gras qui abîme le silicone. Commencez par le pliage le plus fin. Si la douleur persiste ou si l’insertion reste impossible après plusieurs essais, parlez-en à un professionnel de santé plutôt que d’insister.
Que faire quand le retrait de la coupe résiste ?
Ne tirez jamais sur la tige seule : la ventouse doit être rompue avant tout. Lavez-vous les mains, accroupissez-vous, respirez lentement et poussez avec les abdominaux comme pour aller à la selle, ce qui fait descendre la coupe. Pincez ensuite la base entre deux doigts, puis inclinez-la pour libérer un bord. La crispation reste la première cause de blocage. Si la difficulté se prolonge ou devient douloureuse, consultez un professionnel de santé.
Comment ranger sa coupe menstruelle entre deux cycles ?
Nettoyez-la, stérilisez-la selon la notice, puis laissez-la sécher complètement à l’air libre avant de la ranger. Le silicone doit respirer : une pochette en tissu convient, contrairement à une boîte hermétique ou à un sachet plastique fermé, qui retiennent l’humidité. Certaines marques, comme Elys, livrent la coupe avec sa pochette de transport. Rangez le tout à l’abri de la lumière et de la chaleur, loin d’une source de parfum ou de produit ménager.

